Maintenance

Site piraté ou en panne : que faire ?

Par Axel Mangano, fondateur de Webnevo5 min de lecture
Exemple de design de site internet

Si votre site est en panne, vérifiez d'abord le nom de domaine, l'hébergement et la dernière modification, puis contactez votre prestataire. S'il est piraté, ne supprimez rien dans la précipitation : notez ce que vous constatez, prévenez votre prestataire et votre hébergeur, changez les accès, puis faites-vous aider via 17Cyber et portez plainte. Si des données personnelles sont touchées, la CNIL doit en principe être prévenue, idéalement dans les 72 heures.

Piraté ou simplement en panne : comment faire la différence ?

Une panne se traduit le plus souvent par un site qui ne s'affiche plus, une page d'erreur ou un message de l'hébergeur.

Un piratage se voit autrement. La fiche réflexe du CERT-FR (ANSSI) sur la défiguration de site web cite plusieurs signes forts :

  • une page d'accueil modifiée ;
  • un contenu qui n'est pas le vôtre ;
  • des publicités externes inattendues ;
  • un site placé sur une liste noire, par exemple Google Safe Browsing ;
  • une revendication de l'attaque.

Elle mentionne aussi des signes plus faibles : plaintes d'utilisateurs, alertes d'antivirus ou chute brutale de la fréquentation. D'autres symptômes doivent alerter : redirections vers d'autres sites, pages inconnues dans les résultats Google, formulaires qui envoient du spam.

Votre site est en panne : les premiers réflexes

  1. Vérifier depuis un autre appareil et un autre réseau, par exemple votre téléphone en 4G. Le problème vient parfois de votre connexion.
  2. Vérifier le nom de domaine. Un domaine non renouvelé rend le site injoignable. Regardez les mails de votre registraire.
  3. Vérifier l'hébergement : facture impayée, offre expirée, incident annoncé par l'hébergeur.
  4. Se rappeler la dernière modification : une mise à jour, une nouvelle extension, un changement de réglage.
  5. Contacter votre prestataire avec ces éléments, l'heure du début du problème et des captures d'écran.

Si le site doit rester indisponible un moment, une page temporaire avec votre téléphone permet de ne pas perdre les clients qui vous cherchent.

Votre site est piraté : que faire tout de suite ?

Le réflexe naturel est de tout effacer pour faire disparaître le problème. C'est une erreur : vous perdez les traces qui permettent de comprendre l'attaque. La fiche du CERT-FR recommande notamment de :

  • tenir un journal chronologique de l'incident : date et heure, personne, action ou constat, conservé en dehors du système touché ;
  • noter qui a déjà agi et ce qui a été modifié ;
  • impliquer tôt le prestataire et l'hébergeur ;
  • vérifier les comptes administrateurs du site, de l'hébergement et des accès FTP ou SFTP ;
  • vérifier les enregistrements DNS du nom de domaine, qui peuvent avoir été modifiés ;
  • afficher une page de maintenance si besoin, le temps de corriger.

Concrètement, pour un dirigeant de PME : faites des captures d'écran, prévenez votre prestataire, changez les mots de passe des accès importants depuis un appareil sain, et ne réinstallez rien vous-même sans avis.

Qui prévenir en cas de piratage ?

  • 17Cyber. Selon Cybermalveillance.gouv.fr, la plateforme 17Cyber.gouv.fr a été lancée en 2024 par la Police nationale, la Gendarmerie nationale et Cybermalveillance.gouv.fr. Elle est gratuite, accessible 24 h/24 et 7 j/7, et s'adresse aussi aux entreprises. Elle propose un diagnostic, des conseils et, selon la menace, une mise en relation avec un policier ou un gendarme, ou avec un prestataire pour la remise en état.
  • La police ou la gendarmerie, pour porter plainte. Le CERT-FR comme la CNIL le recommandent en cas de cyberattaque.
  • Votre assureur, si vous avez une assurance cyber.
  • La CNIL, si des données personnelles ont pu être touchées (voir ci-dessous).
  • Vos clients, si leurs données sont exposées et que le risque est élevé.

Faut-il prévenir la CNIL ?

Si le piratage touche des données personnelles (contacts reçus par formulaire, comptes clients, devis), il peut s'agir d'une violation de données. Selon la CNIL :

  • il faut la notifier dans les meilleurs délais lorsqu'elle présente un risque pour les droits et libertés des personnes ;
  • la notification peut se faire en deux temps, avec une première notification si possible dans les 72 heures, puis un complément ;
  • en cas de dépassement des 72 heures, il faut expliquer les raisons du retard ;
  • les personnes concernées doivent être informées si le risque est élevé.

Dans le doute, la CNIL indique qu'il vaut mieux lui notifier la violation : elle dira si les personnes doivent être informées.

Comment remettre le site en ligne proprement ?

Remettre le site en ligne sans traiter la cause, c'est souvent être piraté à nouveau quelques jours plus tard. Une remise en état sérieuse comprend :

  1. Trouver la porte d'entrée : extension vulnérable, mot de passe volé, version obsolète.
  2. Restaurer une sauvegarde saine, datée d'avant l'attaque.
  3. Corriger la faille : mises à jour, suppression des extensions inutiles.
  4. Changer tous les accès : site, hébergement, base de données, nom de domaine, messagerie.
  5. Vérifier les autres sites hébergés au même endroit, et les comptes qui utilisaient le même mot de passe.
  6. Contrôler la présence sur Google : pages indésirables indexées, alerte de site dangereux. La visibilité sur Google peut mettre du temps à revenir à la normale.

Comment éviter que ça recommence ?

La prévention coûte moins cher que la réparation. Les recommandations de l'ANSSI pour les sites gérés avec un CMS donnent une bonne base : garder seulement des extensions nécessaires et maintenues, activer l'authentification à plusieurs facteurs pour les administrateurs, sauvegarder contenu et configuration, activer le HTTPS, surveiller les journaux.

La fiche du CERT-FR conseille aussi de préparer à l'avance une procédure interne et de garder les contacts utiles (prestataire, hébergeur, assureur) accessibles même si vos outils informatiques sont hors service.

Chez Webnevo, l'offre de maintenance et hébergement prend en charge l'hébergement, la sécurité, les mises à jour techniques et les sauvegardes. Si votre site n'est plus suivi par personne, c'est le moment d'en parler : consultez notre page maintenance et hébergement de site. Tout est sur devis.

Questions fréquentes

Dois-je supprimer immédiatement le contenu piraté ?

Non, pas avant d'avoir noté ce que vous voyez et prévenu votre prestataire. Effacer trop vite fait disparaître les traces qui permettent de comprendre l'attaque. Une page de maintenance peut être affichée en attendant.

Qu'est-ce que 17Cyber ?

C'est la plateforme publique et gratuite 17Cyber.gouv.fr, lancée par la Police nationale, la Gendarmerie nationale et Cybermalveillance.gouv.fr. Elle aide les victimes, y compris les entreprises, à identifier la menace et à être orientées.

Dois-je prévenir la CNIL si mon site est piraté ?

Oui si des données personnelles ont pu être touchées et qu'il existe un risque pour les personnes. La CNIL demande une notification dans les meilleurs délais, idéalement dans les 72 heures.

Mon site ne s'affiche plus, est-il forcément piraté ?

Non. Une panne vient souvent d'un nom de domaine non renouvelé, d'un problème d'hébergement ou d'une mise à jour récente.

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